Introduction

L’ange du foyer (Le triomphe du surréalisme) (Détail), 1937, Collection privée © 2013, ProLitteris, Zurich
L’habillement de l’épousée / de la mariée (Détail), 1940, Peggy Guggenheim Collection, Venise (Solomon R. Guggenheim Foundation, New York) © 2013, ProLitteris, Zurich
La ville entière (Détail), 1935/36, Kunsthaus Zurich © 2013, ProLitteris, Zurich, Photo: Kunsthaus Zurich
La nature à l’aurore (Chant du soir) (Détail), 1938, Collection privée © 2013, ProLitteris, Zurich
Fleures de neige (Détail), 1929, Fondation Beyeler, Riehen / Basel © 2013, ProLitteris, Zurich
Le jardin de la France (Détail), 1962, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, © 2013, ProLitteris, Zurich
Napoléon dans le désert (Détail), 1941, The Museum of, Modern Art, New York © 2013, ProLitteris, Zurich
Max Ernst 26 mai - 8 septembre 2013

Avec plus de 160 peintures, collages, dessins, sculptures et livres illustrés, la grande rétrospective que la Fondation Beyeler consacre à Max Ernst présente à travers de nombreux chefs-d’œuvre toutes les phases de création de cet artiste, toutes ses découvertes et techniques. Depuis sa mort en 1976, ce sera la première fois que les visiteurs auront l’occasion de découvrir en Suisse toute la richesse et la diversité de l’œuvre d’un artiste qui a profondément marqué son siècle.

Max Ernst (1891–1976) compte parmi les artistes les plus éclectiques de l’art moderne. En 1922, après ses débuts de dadaïste révolté à Cologne, l’artiste est allé s’installer à Paris où il s’est rapidement imposé comme l’un des pionniers du surréalisme. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été interné à deux reprises en tant que ressortissant d’une puissance ennemie, avant d’être libéré grâce à l’intervention de son ami, le poète Paul Eluard. En 1941, il s’est exilé aux États-Unis où il trouva de nouvelles sources d’inspiration tout en donnant lui-même de nouvelles impulsions à la génération des jeunes artistes américains. Dix ans plus tard, il a regagné une Europe ravagée par la guerre. Max Ernst, si apprécié jadis, semblait désormais bien oublié, mais on a fini par redécouvrir celui qui aura été un des artistes les plus fascinants et les plus polymorphes du XXe siècle. Max Ernst a obtenu la nationalité française en 1958.

Inventant constamment des figures, des formes et des techniques novatrices, telles que le frottage, le grattage, la décalcomanie et l’oscillation, Max Ernst n’a cessé d’explorer des orientations nouvelles. Il a ainsi donné naissance à une œuvre singulière, qui se dérobe à toute définition stylistique limpide et dont l’évolution a également été marquée par la vie mouvementée et les lieux de résidence changeants de l’artiste en Europe et en Amérique.

La créativité de Max Ernst dans ses rapports avec ses sources d’inspiration et avec l’univers des images, les ruptures entre les nombreuses phases de son œuvre et la diversité de ses sujets ne peuvent manquer de surprendre le spectateur. Tel un révolutionnaire de la vision, il assemblait ses tableaux de manière inédite, il établissait, en tant que surréaliste, de nouveaux liens entre les images et la conscience du spectateur. Reste la constante de l’opiniâtreté de la contradiction présumée. Comme la vie de Max Ernst lui-même, son œuvre n’est pas, disait-il lui-même, « harmonieuse dans le sens des compositeurs classiques ». Un maître de la métamorphose, voilà ce qu’était Ernst, un chercheur et un découvreur, docteur honoris causa en philosophie, qui ne cessait d’élargir ses interrogations, s’inspirait aussi bien de l’astronomie, de l’ethnologie, de l’ornithologie que des mathématiques et de la psychanalyse et se laissait guider par son amour des sciences naturelles et par le hasard créatif.

Des femmes fortes, qui n’auraient pu être plus différentes les unes des autres, ont accompagné son parcours d’homme et d’artiste : Gala Eluard, la future muse de Dalì, l’artiste Leonora Carrington, la mécène et collectionneur Peggy Guggenheim et le peintre Dorothea Tanning.

Plusieurs décennies encore après sa mort, l’œuvre de Max Ernst paraît plus actuelle que jamais dans sa tentative obstinée pour surmonter les traditions tout en s’y référant. Cette exposition montre une création qui, par le souvenir et l’expérience, met en contact l’inconscient et les secrets du passé avec le vécu du présent et les événements politiques de son temps, afin d’imaginer, sur ce fondement, des visions fantastico-réalistes de l’avenir.

TV-Spot
Echantillon auditif
L’habillement de l’épousée / de la mariée, 1940, Peggy Guggenheim Collection, Venedig (Solomon R. Guggenheim Foundation, New York) © 2013, ProLitteris, Zürich
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