Saison Courbet

Le bord de mer à Palavas, 1854, huile sur toile, Musée Fabre, Montpellier © Musée Fabre - Montpellier Agglomération / cliché F. Jaulmes
La rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet, 1854, huile sur toile, Muséee Fabre, Montpellier © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes
Die Quelle des Lison, 1864, huile sur toile, 65,5 x 80,5 cm, Alte Nationalgalerie Berlin © bpk / Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin/ Andres Kilger
SAISON COURBET

L’automne 2014 sera la « Saison Courbet » : Gustave Courbet, le grand artiste du réalisme, le révolutionnaire de la peinture, était originaire du Jura, la chaîne montagneuse qui relie la Suisse et la France. Courbet est toujours resté profondément attaché à sa patrie, mais il est mort en exil en Suisse, au bord de lac Léman. La Fondation Beyeler et le Musée d’art et d’histoire de Genève lui consacrent à l’automne 2014 deux expositions. Genève s’intéressera à ses années d’exil en Suisse, jusqu’alors négligées, tandis que la Fondation Beyeler s’attachera à montrer qu’il a été l’un des premiers artistes d’avant-garde.

« GUSTAVE COURBET » à la FONDATION BEYELER 7 septembre 2014 – 18 janvier 2015

La Fondation Beyeler propose une vaste exposition consacrée à Gustave Courbet qui permet de découvrir dans ce peintre français l’un des principaux précurseurs de l’art moderne. Sa peinture comme sa personnalité étaient loin de correspondre à l’idée classique qu’on se fait de l’art et du génie : Courbet a délibérément rompu avec les conventions pour s’affirmer comme un grand artiste à scandale du XIXe siècle. Sa technique picturale révolutionnaire, qui continue de fasciner les artistes actuels, est au coeur de cette exposition. Ne se contentant pas de pinceaux, il a beaucoup peint au couteau à palette et il lui est même arrivé d’appliquer la couleur avec ses doigts – une incroyable provocation pour l’époque. L’exposition fait d’abord découvrir une sélection de ses principaux tableaux de paysages. Ses représentations de grottes, dont le centre est occupé par des ténèbres impénétrables, se voient opposer ses toiles de l’océan calme ou tumultueux, ses célèbres vagues. Aucun peintre avant lui n’a traité le blanc comme Courbet : chez lui, le blanc n’est pas seulement couleur, il paraît même, dans ses tableaux d’hiver, absorber la matérialité de la neige. Un choix de ses autoportraits ouvre l’exposition, qui montrera aussi ses fascinantes représentations de nus féminins au bord de l’eau. Une des oeuvres les plus importantes, sa sulfureuse toile L’Origine du monde, sera pour la première fois présentée dans un autre pays européen que la France.

« GUSTAVE COURBET. LES ANNÉES SUISSES » au MUSÉE RATH 5 septembre 2014 – 4 janvier 2015

Les dernières années de sa vie que Gustave Courbet a passées en Suisse, du 23 juillet 1873 au 31 décembre 1877, ont été négligées par l’histoire de l’art. Les spécialistes ont en effet longtemps considéré que Courbet, malade, durement affecté par son exil, n’était plus le grand peintre qui avait bouleversé la peinture française et européenne des années 1840. Ces jugements, très largement répandus à l’époque, dominent encore aujourd’hui. En effet, les années suisses de Courbet se résument à quelques rares oeuvres dans les expositions qui lui sont consacrées, à quelques paragraphes dans les monographies et aux mêmes commentaires sur sa déchéance. Pourtant Courbet a continué à être Courbet : un artiste actif qui peint, expose ses oeuvres, mène une intense vie sociale et s’intéresse à la vie artistique et politique de son pays d’adoption. Réunissant pour la première fois plus de septante oeuvres que l’artiste a peintes en Suisse ou a emportées avec lui durant son exil, l’exposition au Musée Rath entend revenir sur cette partie de sa vie, reconsidérer sa place dans la carrière du peintre et mesurer l’impact que sa présence sur les bords du lac Léman a eu sur la scène artistique suisse. L’exposition témoigne ainsi que Courbet, fort de son passé de peintre révolutionnaire et des recherches picturales qu’il poursuit, tentait d’amorcer, en dépit de sa maladie et des angoisses provoquées par ses procès sans fin, une étonnante renaissance.

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