Paul Klee

Paul Klee
Die Kapelle, 1917, 127
Tropische Dämmerung, 1921, 128
vor dem Blitz, 1923,150
Besessenes Mädchen, 1924, 250
Was fehlt ihm?, 1930, 268 (AE 8)
aufgehender Stern, 1931, 230 (V 10)
Diana, 1931, 287 (Y 7)
nach der UeberSchwemmung, 1936, 7 (7)
Zeichen in Gelb, 1937, 210 (U 10)
boote in der Überflutung, 1937, 222 (V 2)
Halme, 1938, 6 (6)
die Vase, 1938, 122 (J 2)
Wald-Hexen, 1938,145 (K 5)
ein Weib für Götter, 1938, 452 (A12)
ein TOR, 1939, 911 (XX11)
glüht nach, 1939, 925 (YY 5)
O! die Gerüchte!, 1939, 1015 (CD 15)
MUMOM sinkt trunken in den Sessel, 1940, 301 (H1)
Schlamm-Assel-Fisch, 1940, 323 (G 3)
Ohne Titel [Gefangen/Diesseits – Jenseits / Figur], vers 1940
Die Kapelle, 1917, 127
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Die Kapelle, 1917, 127

La chapelle
Aquarelle et détrempe blanche sur papier sur carton, 29,5 x 15 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Chronologiquement, la période d’épanouissement de l’art de Klee est encadrée par les deux grandes guerres du XXe siècle. La Première Guerre mondiale éclate en 1914, trois mois après le légendaire voyage en Tunisie qui lui ouvre les portes de la couleur. La Seconde a commencé depuis moins d’un an quand Klee meurt en 1940 à Muralto. Au moment où il peint Die Kapelle, Klee a été, par bonheur pour lui, mobilisé seulement en tant que secrétaire d’une école de pilotage allemande. Comme artiste, il vole déjà de ses propres ailes : ce feuillet révèle un art parfaitement abouti qui lui permet, grâce à une géométrie rêveuse faite de gradations chromatiques précises et en même temps profondément animées, de remplir le rectangle traditionnel de nouveaux espaces. À partir d’un fond brunâtre, s’élèvent des montagnes et des architectures qui se développent dans l’illusion du volume. Comme les figures d’un jeu de cartes — les lunes en témoignent —, ces bâtiments enchanteurs sont lisibles dans un sens comme dans l’autre.

Tropische Dämmerung, 1921, 128
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Tropische Dämmerung, 1921, 128

Crépuscule tropical
Huile sur préparation blanche sur papier sur carton, 33,5 x 23 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

vor dem Blitz, 1923,150
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
vor dem Blitz, 1923,150

Avant l'éclair
Aquarelle et mine de plomb sur papier, marges en haut et en bas : gouache, aquarelle et plume sur carton, 28 x 31,5 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Besessenes Mädchen, 1924, 250
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Besessenes Mädchen, 1924, 250

Jeune fille possédée
Aquarelle et décalque à huile sur papier sur carton, 44,2 x 29,2 cm
Photo: Cantz Medienmanagement, Ostfildern

On a pu voir dans cette feuille la représentation d’une actrice ou d’une cantatrice se ridiculisant involontairement dans l’exercice de son art. L’adjectif « possédé » qui figure dans le titre — « Jeune fille possédée » — possède différentes acceptions, dont celle d’une extase qui conduit le sujet à percevoir des choses inhabituelles. Cette jeune fille ne pourrait-elle pas, en ce sens, être une pythie, une femme chaman en transe, qui montre les dents comme un animal et annonce un mystérieux message ? C’est ce que suggèrent les yeux révulsés et la symétrie solennelle de la figure. Est-ce pour des raisons religieuses qu’on lui a rasé le crâne ? Ou bien dans une clinique psychiatrique ?  En tout état de cause, nous sommes ici en présence d’un discours qui permet d’appréhender des contenus situés au-delà du rationnel — une observation qui vaut pour l’ensemble de l’art de Klee.

Was fehlt ihm?, 1930, 268 (AE 8)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Was fehlt ihm?, 1930, 268 (AE 8)

Que lui manque-t-il ?
Dessin timbré à l’encre sur papier Ingres sur carton, 55,5 x 34 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

aufgehender Stern, 1931, 230 (V 10)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
aufgehender Stern, 1931, 230 (V 10)

Une étoile se lève
Huile sur toile, 63 x 50 cm
Photo: Robert Bayer, Basel

Entre 1930 et 1933, Klee a réalisé de nombreuses œuvres caractérisées par l’utilisation de petits points colorés disposés régulièrement. Il qualifiait ces travaux de « divisionnistes », rapprochant ainsi son mode de travail de ceux de Seurat et de Signac. À la fin du XIXe siècle, ceux-ci avaient créé leurs tableaux à partir de trames de points de couleurs primaires et complémentaires, afin d’utiliser systématiquement la couleur dans le sens des nouvelles théories sur la lumière. Klee se distingue de cette conception postimpressionniste en appliquant ses trames de points sur des surfaces colorées lumineuses, instaurant ainsi une interaction entre différentes membranes chromatiques. Dans Aufgehender Stern, la trame de points, située devant de délicats nuages colorés, est complétée par de petites surfaces délimitées et par des formes linéaires ouvertes. Celles-ci marquent par exemple des horizons sur la partie inférieure, alors qu’en haut, un zigzag représente le trajet  qu’a suivi l’étoile qui se lève au firmament. Le tableau, mémoire du temps — une idée maîtresse de l’art de Klee.

Diana, 1931, 287 (Y 7)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

 

Paul Klee
Diana, 1931, 287 (Y 7)

Huile sur toile, 80 x 60 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Dans Diana, annonçant déjà les épaisses lignes noires de l’œuvre tardive, les lignes s’associent énergiquement devant la trame de fond d’une obscurité mystique, donnant naissance à des surfaces elles aussi recouvertes de points. Quintessence de la membrane chromatique, elles s’associent pour constituer la figure de la déesse de la chasse qui, tourbillonnant sur une roue, suit vers la gauche une flèche dotée d’un œil. Dans ces deux tableaux, Klee allie le momentané du divisionnisme à sa propre conception du tableau, qu’il traite comme une scène permettant de faire surgir des forces essentielles, intemporelles.

nach der UeberSchwemmung, 1936, 7 (7)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
nach der UeberSchwemmung, 1936, 7 (7)

Après l’inondation
Peinture à la colle et aquarelle sur papier Ingres sur carton, 47,9 x 62,6 cm
Photo: Robert Bayer; Basel

Paul Klee, angoissé depuis 1933 par la menace politique qui pesait sur la culture européenne, contracta en 1935-1936 une sclérodermie incurable. Ces événements exercèrent visiblement une forte influence sur son œuvre tardive : des surfaces colorées (souvent laissées en réserve blanche dans les travaux sur papier) entretiennent un dialogue avec d’épaisses lignes noires qui, au sein d’un seul et même tableau, peuvent se constituer et se combiner à l’infini : en signes, en figures et en trames abstraites. À travers un unique langage artistique fondamental, Klee est libre désormais d’osciller entre figure, signe et forme pure. Il associe ainsi de façon inédite les éléments artistiques essentiels du langage de l’art moderne. Parmi les tableaux de la Fondation, ce style apparaît pour la première fois dans nach der UeberSchwemmung, une des 25 œuvres seulement que Klee réalisa en 1936, année de crise. Dans ce travail, qui se réfère sans doute aussi à son voyage en Égypte de 1928, les lignes épaisses font l’effet d’une écriture dont la lisibilité n’est que formelle. Elle s’affermit de bas en haut et rythme les couleurs aux sourdes nuances de vase.

Zeichen in Gelb, 1937, 210 (U 10)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Zeichen in Gelb, 1937, 210 (U 10)

Signes en jaune
Pastel sur coton sur peinture à la colle sur jute sur châssis, 83,5 x 50,3 cm
Photo: Robert Bayer, Basel

Le style de l’œuvre tardive de Klee, marquée par sa lutte contre une grave maladie et contre des temps de plus en plus sombres, trouve une illustration particulièrement impressionnante dans son œuvre maîtresse de 1937, Zeichen in Gelb, caractérisée par l’équilibre entre lignes épaisses et champs colorés : ici, les signes — plantes, caractères d’écriture, formes — s’assemblent de tous côtés avec des surfaces couvertes de merveilleuses tonalités jaunes et orangées. À l’équilibre parfait entre les pôles traditionnels que sont le dessin et la couleur correspond ici celui de la signification et de l’ouverture : la lisibilité est affranchie dans la libre trajectoire de la forme tandis qu’à l’inverse, la forme sans nom se rapproche d’une signification possible.

Commander le poster dans le shop

boote in der Überflutung, 1937, 222 (V 2)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
boote in der Überflutung, 1937, 222 (V 2)

Barques dans l'inondation
Peinture à la colle sur papier d'emballage sur carton, 49,5 x 32,5 cm
Photo: Robert Bayer, Basel

Le thème de l’inondation qu’inspira à Klee son voyage en Égypte de 1928 (cf. nach der UeberSchwemmung, 1936), résonne encore dans boote in der Überflutung de 1937, qui fait du reste l’effet d’un souvenir de l’art égyptien. Mais ici, les différents linéaments sont séparés les uns des autres : dans une évolution qui conduirait de signes archaïques à des bateaux très simples, les éléments du paysage reliés par l’eau se constituent de bas en haut.

Halme, 1938, 6 (6)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Halme, 1938, 6 (6)

Tiges
Peinture à la colle sur papier sur carton, 50 x 35 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Halme, peint sur papier mais dont l’effet est celui d’une grande toile, date de 1938, une année très féconde malgré la maladie et l’oppression politique. Cette œuvre évoque un jardin pictural : différentes formes de lignes noires semblent conduire le spectateur à travers un labyrinthe de teintes vertes.

die Vase, 1938, 122 (J 2)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
die Vase, 1938, 122 (J 2)

Le vase
Huile sur jute sur jute, 88 x 54,5 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Wald-Hexen, 1938,145 (K 5)
Add to favorites 

Exposé actuellement à la Fondation Beyeler

Paul Klee
Wald-Hexen, 1938,145 (K 5)

Sorcières de la forêt
Huile sur papier sur jute, 99 x 74 cm

Wald-Hexen est une des œuvres les plus impressionnantes des dernières années de la vie de Klee. Nous voyons se déployer sur un fond vert olive les épaisses lignes noires si typiques de sa création tardive. Leurs entrelacs dessinent des méandres sur toute la surface du tableau et semblent même en franchir les limites. Certains fragments de ces linéaments, dépourvus de lien direct, font peu à peu émerger sous nos yeux les silhouettes de deux « sorcières » : sur la droite, se dresse une figure nue, dont nous distinguons les jambes, le sexe, les seins et la tête avec le visage, tandis qu’à gauche, la seconde nous présente également son visage, pendant que ses jambes, recouvertes d’une robe, exécutent un pas de danse. Bien que certaines des zones chromatiques d’un rouge incandescent liées aux signes sombres facilitent l’identification des mystérieuses formes féminines, Klee nous présente celles-ci comme une vision, qui menace de disparaître aussitôt dans l’enchevêtrement de l’épaisse végétation de lignes noires qui fait l’effet d’un camouflage.

ein Weib für Götter, 1938, 452 (A12)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
ein Weib für Götter, 1938, 452 (A12)

Une femme pour les dieux
Peinture à la colle et aquarelle sur papier d`emballage sur carton, 44,3 x 60,5 cm
Photo: Robert Bayer, Basel

La figure féminine d’ein Weib für Götter est singulière. On dirait qu’elle a été introduite de force dans le carré du tableau. Et bien qu’à la différence de Wald-Hexen, elle soit constituée d’une ligne continue, elle est, elle aussi, fragmentée : on ne distingue qu’une  jambe et un bras, dont la main est de surcroît détachée. Cette figure possède par ailleurs un potentiel de métamorphose inquiétant : si on tourne le tableau de 90° dans le sens des aiguilles d’une montre, ses seins apparaissent comme les yeux d’un monstre, la lune rouge devenant une bouche. Quel est ici le véritable objet de la représentation ? Une déesse déformée, enterrée — ou bien une victime humaine (féminine) offerte aux dieux en sacrifice ? Dans la réfraction ironique voulue par l’artiste, cette inquiétante « femme pour les dieux » ne correspond en tout cas pas à l’idée que l’on pourrait se faire d’une élue. Ici, le mythe est caché, inquiétant et mutilé.

ein TOR, 1939, 911 (XX11)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
ein TOR, 1939, 911 (XX11)

Un porche
Détrempe sur papier Ingres sur carton, 31,6 x 14 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

« Voilà le porche par lequel nous devrons tous passer un jour — la mort », aurait dit le philosophe Martin Heidegger en contemplant ce tableau à la Galerie Beyeler. Cette œuvre, que Klee offrit pour la Noël 1939 au collectionneur bâlois Richard Doetsch-Benziger, avait initialement été entièrement peinte en noir. Lors d’une étape de travail ultérieure, Klee ne laissa de ce noir que ce que nous voyons aujourd’hui sous forme de lignes et ajouta les formes gris argenté de l’architecture et du paysage, ainsi que la lune qui repose sur le mur du porche. En cette année de déclenchement de la guerre, peu avant sa mort, Klee fait voir la membrane fondamentale cachée  qui enserre tout et qui, seule, prête leurs contours aux objets représentés. Elle apparaît ici effectivement en noir — un noir qu’éclaire pourtant encore une lumière argentée.

glüht nach, 1939, 925 (YY 5)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
glüht nach, 1939, 925 (YY 5)

Brûle encore
Aquarelle et mine de plomb sur papier sur carton, 29,5 x 21 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Dans la lumineuse aquarelle glüht nach, la figure encore à peine identifiable semble sur le point de se désagréger en différentes parties : tête repliée vers le bas, torse et jambes séparés des épaules, la figure se dresse sur l’espace de souffrance du tableau. La ligne isolée à gauche, qui ressemble à un « K », pourrait être interprétée comme la première lettre du nom de l’artiste — permettant de considérer cette petite figure comme l’image même de l’artiste, torturé par la maladie et par les événements historiques. Mais ce n’est qu’une des possibilités qu’offre ce tableau à forte charge existentielle. En tout cas, la vie continue d’y brûler — conformément au message du titre —, elle n’est pas complètement éteinte.

O! die Gerüchte!, 1939, 1015 (CD 15)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
O! die Gerüchte!, 1939, 1015 (CD 15)

Oh! les rumeurs!
Détrempe et huile sur jute, 75,5 x 55 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Vers la fin de la vie de Klee, le contenu existentiel de son art s’affirme davantage. Deux axes temporels se croisent — et s’unissent fréquemment : celui de sa longue maladie, qui conduit à sa mort le 29 juin 1940, et celui des événements politiques qui atteignent un nouveau point culminant le 1er décembre 1939, avec le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans O ! die Gerüchte, la menace est clairement perceptible : sur un fond vacillant, nous voyons une figure qui se dirige vers la droite, bras levés, entourée de petits animaux inquiétants. Elle est constituée d’épaisses lignes noires et est accompagnée de champs colorés aux contrastes accusés : en bleu les yeux écarquillés, en rouge la bouche, en orange les oreilles en haut à gauche, dans lesquelles résonnent les sinistres rumeurs du temps. La figure est en mouvement — elle ne peut pas s’échapper, elle ne peut que se heurter au bord du tableau qui l’enferme. Une image d’angoisse — et en même temps une œuvre dans laquelle, en dépit de l’adversité, une grande force artistique trouve son accomplissement.

MUMOM sinkt trunken in den Sessel, 1940, 301 (H1)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
MUMOM sinkt trunken in den Sessel, 1940, 301 (H1)

MUMON, ivre, se laisse tomber sur son siège
Peinture à la colle sur papier sur carton, 29,5 x 21 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Le dessin MUMOM sinkt trunken in den Sessel, d’aspect presque burlesque et qui se caractérise par de puissantes lignes noires, date de 1940, année de la mort de Klee. Les linéaments de l’œuvre tardive y affirment clairement leur caractère graphique. La petite silhouette représentée ici possède une certaine majesté, caricaturée avec humour mais pourtant pleine de sagesse ; levant son verre, elle se tourne avec un certain esprit dionysiaque vers les choses ultimes.

Schlamm-Assel-Fisch, 1940, 323 (G 3)
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Schlamm-Assel-Fisch, 1940, 323 (G 3)

Poisson-cloporte-boueux
Peinture à la colle et craie grasse sur papier journal sur carton, 34 x 53,5 cm
Photo: Cantz Medienmanagement, Ostfildern

Ce sentiment d’immobilité forcée marque également Schlamm-Assel-Fisch qui date de 1940, l’année de la mort de Klee. Ici, les lignes noires dessinent un squelette de poisson et en même temps un arthropode, un cloporte, identifiable à ses sept paires de pattes et à ses deux pointes caudales. Ce mimétisme est renforcé par le jeu de mots contenu dans le titre, qui associe en même temps les deux animaux sous le terme yiddish désignant le désastre, « Schlamassel ». Remarquons encore les points sur la marge du tableau, qui évoquent les clous servant à tendre la toile sur le châssis. Le tableau est pourtant peint sur papier. Klee a pu penser ici au fossile d’un hybride primitif, se mouvant entre terre et eau, en même temps qu’à lui-même, artiste embourbé dans la fange d’un désastre politique et personnel, mais luttant énergiquement contre l’inactivité.

Ohne Titel [Gefangen/Diesseits – Jenseits / Figur], vers 1940
Add to favorites 

Non exposé actuellement

Paul Klee
Ohne Titel [Gefangen/Diesseits – Jenseits / Figur], vers 1940

Sans titre [Captif /En deçà – au-delà /Figure]
Huile, dessin en réserve avec peinture à la colle sur jute préparé à la colle sur jute, 55,2 x 50,1 cm
Photo: Peter Schibli, Basel

Une œuvre provenant de la succession de l’artiste à laquelle il ne fut plus en mesure de donner de titre possède une importance toute particulière pour la Fondation. Sur un impressionnant fond bleu et vert parcouru de nuages blancs, on distingue une figure constituée d’épaisses lignes noires, au regard méditatif, intériorisé. Elle donne l’impression de faire partie intégrante de la structure grillagée qui la tient. Will Grohmann, ami de Klee et exégète précoce de son œuvre, a intitulé cette œuvre Gefangen (Captif). Mais la grille est percée de brèches et la libération de la figure vers la matrice du fond semble n’être plus qu’une question de temps. Cette œuvre pourrait donc également représenter le seuil entre la vie et la mort, ce qui a incité Ernst Beyeler à proposer le titre Diesseits – Jenseits — Ici-bas, au-delà.

Paul Klee

1879, Münchenbuchsee près de Berne – 1940, Locarno-Muralto

Le peintre et graveur germano-suisse a d’abord entrepris des études d’art à Munich, qu’il interrompt rapidement pour étudier les vieux maîtres italiens et découvrir à Paris les œuvres des impressionnistes. Ses relations avec Macke, Kandinsky et Marc vers 1911 ont été une source d’inspiration majeure en matière de couleur et de contraste. S’y ajoute la découverte des œuvres de Delaunay. Un voyage à Tunis avec Macke et Moilliet en 1914 l’aide à accomplir la « percée vers la couleur ». Il compose ses aquarelles comme des partitions à partir de plans colorés géométriques transparents, de motifs de lignes et de formes figuratives, et leur attribue des titres poétiques qui éveillent de multiples associations. En 1919, il se tourne vers la peinture à l’huile et vers des thèmes cosmiques. Il enseigne au Bauhaus à Weimar et à Dessau à partir de 1921. En 1924, il fonde avec Kandinsky, Feininger et Jawlensky le groupe Die Blaue Vier (« les Quatre bleus »). En 1930, il est nommé à l’Académie de Düsseldorf, un poste qu’il est contraint de quitter en 1933 à la suite de l’arrivée des nazis au pouvoir. Il réside à Berne et Locarno jusqu’à sa mort.

Station